16 novembre 2005
Un véritable phénomène de société
En quinze ans, le nombre de chambres d'hôte est passé, en France, de 4 500 à près de 30 000. Il s'en crée 1 500 chaque année, rien que pour la Fédération nationale des Gîtes de France. «Les demandes pour figurer dans le guide augmentent de façon constante depuis cinq ans, explique Jean de Beaumont, qui publie régulièrement une sélection des Hôtels et auberges de charme en France (Rivages). Mais le profil des propriétaires a changé: il y a dix ans, c'étaient des gens âgés qui avaient une grosse maison et qui, les enfants partis, décidaient de la rentabiliser. Aujourd'hui, ce sont des couples plus jeunes, qui changent de vie.» Il dit en souriant: «On ne va plus élever des chèvres dans le Larzac, on ouvre une maison d'hôte. C'est un retour à la terre plus sophistiqué, plus réaliste, plus viable aussi.» Créée à la fin des années 1960 par le ministère de l'Agriculture pour éviter la désertification et maintenir les agriculteurs sur leurs terres, la maison d'hôte - à ne pas confondre avec le gîte rural, qui propose à la location une petite maison individuelle, cuisine comprise - est devenue un phénomène de société, nourri par le mythe d'une qualité de vie à la sauce paysanne et d'une convivialité retrouvée. Sous la menace du chômage et du stress de la vie urbaine, les particuliers font fréquemment de l'ouverture de ces bed and breakfast hexagonaux leur eldorado personnel. Mais, idéalisé, parfois mal préparé, souvent sous-estimé, le projet de rêve peut rapidement virer au cauchemar. Entre une législation balbutiante, des hôteliers qui crient à la concurrence déloyale et des revenus épisodiques, le terrain est miné. Et l'aventure peut coûter cher. Mais, quand ça marche, le bonheur est vraiment dans le pré.
Article l'express du 24 Juin 2004 - par Natacha Czerwinski
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